• Géraldine Danon

Les légendes Marquisiennes

Des chevaux sauvages qui galopent librement sur une terre brune aux reflets dorés. Une mer d’un bleu cobalt infiniment profond, parsemée de motus sacrés aux visages à facettes.



Des vallées luxuriantes qui contrastent avec des montagnes cramoisies qui dégringolent vers la mer et viennent lécher des plages de cocotiers, c’est Ua Huka, l’île magique. Maurice nous accueille, avec son épouse Delphine, ils donnent tout leur amour, pour faire découvrir ce trésor qu’est leur île. Maurice est sculpteur de profession et propriétaire d’une ravissante pension, il a les clefs du très beau musée pour lequel il a taillé plusieurs pièces. Il nous régale de légendes Marquisiennes que lui ont transmis ces ancêtres et en particulier celle ayant un lien avec Ua Huka. Motu Hané qui trône

dans la baie éponyme, dont je suis tombée amoureuse pour l’avoir photographié sous tous les angles est venu ici pour prendre pour épouse Motu Papa, dont le fiancé, un autre motu aurait été infidèle. Maurice ne tarit pas d’histoires aussi passionnantes que fascinantes et quand vient le soir c’est au son du Ukulélé et en chanson qu’il nous raconte tandis que Delphine l’accompagne en dansant. Avec Teiki nous partons pour une longue balade à cheval, et découvrons les sites sacrés, les pétroglyphes , les cratères d’ancien volcan datant de treize millions d’années avant de galoper sur la plage en fin de journée. Sur le chemin du retour, le soleil a paré l’île d’une cape cuivrée qui lui sied à merveille, Teiki chante, son sourire enfantin est aussi doux que la lumière mais quand il arrive sur le site sacré et qu’il nous raconte que son grand-père l’amenait là quand il avait huit ans, son visage se transforme et l’espace d’une danse, l’âme du guerrier marquisien prend le dessus.


En tout marquisien se cache un guerrier, le combat aujourd’hui est de lutter pour préserver ce patrimoine culturel et cultuel que leur a légué les anciens et que les missionnaire et le colonialisme ont tenté de détruire.



La renaissance est en cours depuis plusieurs années, notamment grâce au festival des Marquises qui vise à perpétuer les traditions. Nous avons cette fois encore pu le constater dans chaque île, cela passe par la préservation de la langue, mais aussi par la sculpture et le tatouage, les lieux de culte, les chants, les danses … A voir Teiki, sur son cheval ce soir, le regard aussi fier que charmeur, aussi combatif que tendre, fredonnant quelques chants marquisiens à la gloire de Motu Hané qui nous observe tranquillement, je me dis que Maurice tout comme Ben ou Toti à Ua Pou et d’autres ont bien travaillé, la relève est assurée. Ils peuvent être fiers du chemin parcouru…