• Géraldine Danon

11 mars

Nous quittons notre fjord noyé dans la brume et naviguons toujours dans le Prince William Sound. L’eau a l’éclat du satin, pas une ride pour troubler sa quiétude. Nous doublons des petits îlots recouverts de sapins opalins tels de gros bouquets de fleurs assemblés par une main mystérieuse, ils s’observent sur l’eau de velours avant de disparaître doucement dans notre sillage. Le radar nous guide vers une éventuelle porte de sortie. La Fleur glisse sur une mer d’argent, le ciel et la mer ne font plus qu’un.



Nous embouquons un goulet très étroit qui serpente entre les pentes abruptes des montagnes, en quête d’une « Rockerie de lions de mer » dont le capitaine a glané quelques informations sur nos documents. Nous tentons de trouver sur la carte les petites îles sur lesquelles les féroces colosses à la fourrure épaisse et aux dents aiguisées sont supposés se reposer mais à travers les grains de neige, nous ne distinguons pas la moindre trace de vie sur les rochers. Ils doivent être encore en mer, pour faire le plein de nourriture avant la longue période de reproduction.



Changement de cap, sur la carte nous avons repéré une baie au nom enchanteur « Cascade Bay ». En fin de journée nous relâchons dans ce mouillage paradisiaque, la cascade est en partie gelée, seul un large flot d’eau pure a résisté aux températures hivernales.



La lune est pleine, elle illumine la cape blanche qui recouvre notre navire, le léger souffle du vent se mêle à la mélopée subtile de notre chute d’eau, l’heure est venue de déguster les bonnes crêpes que Laura nous a préparées. Le temps passe et j’ai une pensée pour son grand frère qui excellait à cet exercice, il viendra nous retrouver cet été, sa sœur a pris le relais, elle se débrouille très bien.

Tant de souvenirs à bord et toujours cette même joie de se retrouver en famille dans ces coins les plus sauvages de la planète, à l’affut de la moindre de ses humeurs, sous le charme de ses envoutements secrets qui ne cessent de nous émerveiller.





Au petit matin, la lune est toujours là et le ciel se réveille entre le bleu et le rose, il semble hésiter.

C’est le jour de repos des enfants, pas d’école aujourd’hui. Laura en bon capitaine de l’annexe, embarque sa sœur et Victoire pour une promenade dans la baie. La banquise commence à se former, une fine couche de glace à bâché la mer. L’annexe se faufile et fend cette fragile membrane immaculée dans laquelle mes filles se reflètent.

Le capitaine approche Fleur Australe du ruisseau d’eau fraiche qui coule sous la cascade gelée, il plante l’étrave de notre Fleur Australe sur un rocher, et la cascade nous tend ses bras bleutés. A nous de jouer pour récolter cette eau pure et remplir nos soutes.


Des cataractes d’eau se déversent sur notre proue, les embruns translucides nous éclaboussent, notre pont est purifié par l’eau de source. Le torrent s’avère plus fort que nous ne l’avions prévu et Laura qui s’est aventurée à l’avant avec le tuyau et l’entonnoir, revient tout à fait trempée et glacée. Demain nous quitterons cette baie qui ressemble à un lac dont la glace commencerait à s’éprendre, pour aller explorer le Columbia Glacier.


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