• Géraldine Danon

26 jours

Enfin ! A minuit nous avons rasé la côte de Nuku Hiva au clair de lune. Quelques nuages glissaient lentement dans un ciel aussi tourmenté que lumineux.



La croix du Sud nous guidait alors que le scorpion se levait en dessinant le point qui interroge. Des ombres incandescentes faisaient frissonner la vallée, allumant son lit par endroits et tandis que la lune derrière un nuage galopant se cachait, la nuit s’alluma et la mer blanchit. Des milliers de poissons scintillants la parcouraient comme des astres devenus fous. La montagne était vivante, je sentais ses yeux sur moi posés comme des sentinelles accueillant un vaisseau fantôme à l’orée de la nuit. Son esprit m’aspirait, sa force m’absorbait, un parfum de tiaré me parvint dans le souffle du vent qui fit frémir mon corps repu d’embruns. L’éminence ombrée me glissait quelques mots sulfureux à l’oreille, un message indicible niché au creux de ses reins depuis la nuit des temps. Son mamelon auréolé d’une aérienne fleur blanche flottait dans les ténèbres comme une ode à la sensualité.



Dans cette partition mystérieuse, la lumière et ses facéties ombragées semblaient régner sur le paysage, en unissant tous les protagonistes dans une sorte de ronde aussi paisible qu’effrénée, tamisant l’une tandis que l’autre s’enluminait. Ainsi l’ombre et la lumière se répondaient dans une transe élaborée qui me rappelait le chant des oiseaux lorsque l’aube apparait. Ce dialogue entre le ciel, la terre et la mer enchantait les étoiles impassibles. Nous y étions ! Aux Marquises.




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