• Géraldine Danon

9 Avril - Hoonah et Juneau



Après s’être fait chassés de Elfing Cove, nous mettons le cap sur Hoonah en espérant vraiment pouvoir nous ravitailler, nous y étions passés lors de notre dernier voyage en Alaska, au retour de notre passage du Nord-Ouest en 2009. Le capitaine appelle le port avec sa VHF, la réponse ne tarde pas et sonne notre glas : Interdiction formelle de débarquer même pour aller au supermarché. Philippe insiste, il leur explique que nous sommes en mer depuis plus de deux mois et demande si juste une personne peut descendre car nous avons besoin de vivres. Le refus est catégorique. Devant tant d’hostilités, nous prenons la décision de changer notre programme et de mettre le cap au Sud, plus de quatre mille miles pour atteindre la Polynésie Française. Première escale les Marquises d’ici un mois environ. Il nous faut à tout prix passer par Juneau, en espérant qu’on nous laisse faire le plein de nourritures avant cette très longue traversée.



Au petit matin, nous relâchons à Oak Bay, le ciel est clair et les dauphins nous ont escortés jusqu’à l’entrée du port. Nous avons heureusement un contact sur place, Kévin qui nous attend. 30000 âmes vivent à Juneau et l’ambiance semble plus détendue. Quelques personnes viennent gentiment nous saluer, on nous laisse nous amarrer au ponton. Kévin se chargera de faire les courses pour nous, je lui remets la très longue liste qui nous permettra de vivre en autarcie pendant un mois ou plus. Nous pourrons faire un plein de fuel et remplir nos réservoirs d’eau. Nous voilà soulagés. Nous savons que nous avons pris la bonne décision car trainer par ici ne laisse rien présager de bon, la crise n’ayant pas encore atteint le pic.



Une journée à télécharger quelques émissions de radio et des films pour les enfants, ranger le bateau, le préparer pour cette traversée au long cours et nous levons ancre après avoir pu déguster un délicieux King Crab dénicher par notre ami. La saison du crabe vient de commencer. Le roi des crabes arrive vivant et impressionnant sur le pont de notre navire, et finira accompagné d’une bonne mayonnaise maison dans nos assiettes. De quoi réchauffer nos corps et nos esprits perturbés comme ceux de la planète entière, tourmentés par un sale virus qui met le monde sans dessus dessous.


Nous quittons l’Alaska au moment où la saison ne devrait pas tarder à commencer si tout se passait comme il se doit…. Nous aurons passés un hiver ici, rude mais résolument majestueux, nous aurions aimé assister au réveil des ours et pécher le saumon cet été dans des fjords réchauffés par un soleil au zénith mais les images que nous emportons avec nous sont d’une infinie poésie et les baie gelées bordées d’immenses sapins enneigés nous ont enchantées, ainsi que les rencontres magiques que nous avons faites dans le Nord. Je n’oublierai jamais nos longues randonnées sur la banquise ni le miroitement de la mer de velours avant qu’une fine couche de glace ne vienne parfaire son sommeil hivernal. Devant nous les lagons turquoise et l’hospitalité incomparable des Polynésiens. Il faut savoir changer ses plans face à l’adversité, le vent pour nous souffle désormais vers les îles de Gauguin et même si la traversée avec notre groupe de fortune risque d’être longue et éreintante, l’avenir a la douce fragrance du Tiaré, il se conjugue au son du Yukulélé….


J’enverrai mes posts via iridium à Victor à terre qui relaiera sur les réseaux.



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