• Géraldine Danon

Vers les Marquises

Le nom des Marquises porte au rêve. Des Îles idylliques, une végétation luxuriante, des pics de basaltes qui jaillissent de la mer.


Pour y accéder de Tahiti, c’est un long chemin, un chemin de croix. Les Alizés sont bien établis et viennent des Îles convoitées. Nous devons donc remonter contre le vent, tirer des bords, l’allure préférée des marins. Deux fois la route, trois fois le temps et quatre fois la misère. Voilà en résumé le voyage qui dure environ une semaine. La Polynésie est grande comme l’Europe et les Marquises sont à 1500 km de Tahiti, environ 800 milles nautiques pour nous les navigateurs. Nous avons fait une courte escale à Rangiroa, mais il a fallu reprendre la route.


La Fleur a emprunté la passe de Tiputa, mondialement connue pour ses plongées, surement l’un des plus beaux spot au monde. Le courant est sortant et notre bateau plonge son étrave dans les déferlantes. Dessous : des requins, des milliers de poissons multicolores. Nous laissons les Tuamotu dans notre sillage et l’atoll disparaît avec le coucher du soleil.


Il fait chaud dans le bateau, les aérations sont condamnées, car l’eau parcours le pont à chaque vague.



Ca bouge, ça penche, ça tape. Rien de confortable au pays du paradis. Nous le savions, mais rien n’y fait, tout le monde rouspète à bord. Les journées sont longues, allongés dans la bannette ou sur le pont à l’abri du taud de soleil. On rêve a des jours meilleurs, à la fraicheur des hautes latitudes qui semble mieux nous aller.


Pour se remonter le moral on pense aux goélettes, ces bateaux à voile qui partaient ravitailler les iles des Tuamotu et des Marquises. Comme nous plus d’une semaine de labeur pour atteindre les iles éloignées. Il fallait souvent attendre plus d’un mois pour voir revenir le beau bateau et ses denrées rares.

Le soleil se lève de bonne heure, vers 4h30 et vers neuf heures c’est déjà la fournaise à bord. Chacun essaye de trouver un brin d’air frais. Il faut attendre 17h00 pour enfin souffler et admirer le coucher du roi soleil.



On profite de la nuit pour admirer le ciel étoilé. Orion, majestueuse, accompagnée de sa fidèle Sirius, la plus brillante des étoiles. La croix du sud apparaît en milieu de nuit. La nuit est belle, la Lune qui grossit donne à la mer un tapis argenté dans lequel nous traçons notre sillage.